L’engagement des Polonais dans l’armée et la Résistance
Trois témoignages sur la résistance des polonais face à l’occupation allemande
Libérer la France et aussi la Pologne
Durant la Seconde Guerre mondiale, plus de 400 travailleurs ont été requis sur Couëron, majoritairement des ouvriers des Forges et de Pontgibaud, l’historien Raymond Briant mentionne le cas de Jan Kwiatkoswski déporté du travail, arrêté à Dusseldorf et mort en camp de concentration.
La Résistance par les polonais
Jan Niescierewicz est né le 22 février 1899 à Grodno (Pologne, alors incorporée à l’Empire russe, aujourd’hui Hrodna en Biélorussie) a été exécuté sommairement le 10 juillet 1944 à Saint-Herblain (Loire-Inférieure). Il était ouvrier chauffeur aux Forges de Basse-Indre et syndicaliste CGT.
Jan Niescierewicz à d’abord quitté la Pologne pour l’Allemagne. Le 25 mai 1921 à Brülh. Il a épousé Josefa Brandowski, née le 6 juillet 1895 à Dabrowa, Silésie alors allemande. De cette union sont nés quatre enfants.
Le couple a émigré en France vers 1925. Âgé de 45 ans, Jan Niescierewicz était domicilié à Couëron.
Avec d’autres membres de la communauté polonaise, il s’était engagé dans la Résis-tance en participant à des filières d’évasion dont ont bénéficié des aviateurs anglo-américains et des Polonais déserteurs de la Wehrmacht et de la Kriegsmarine.
Le 9 juillet 1944, la police allemande a arrêté Jan Niescierewicz et sa femme ainsi que plusieurs de leurs camarades. Il a été torturé dans le sous-sol de la mairie de Saint-Herblain, alors siège de la Kommandantur pour la zone géographique de la Basse-Loire, et exécuté sans procès, le lendemain. Une rue de Couëron porte le nom de Jan Niescierewicz depuis le 8 mai 1982.
Son épouse a été libérée à Belfort sur la route de la déportation.
L’aplomb de la sœur Barbara…
A propos de guerre, précisément, on connaît la part active menée dans la Résistance par des Polonais (R. Briant, auteur Histoire de Couëron et de Loire Armoricaine P. 256 et suivantes). On se souvient du martyre subi dans les caves de la Gestapo par Jean Niescierewiz, de l’arrestation et la déportation d’autres Polonais (sans oublier les Couëronnais, bien entendu), on évoque encore la cache offerte par les sœurs dans les locaux de la paroisse (et l’aplomb de la sœur Barbara répondant aux questions des enquêteurs de la Gestapo recherchant des déserteurs et parvenant à les égarer).
Ce phénomène de désertion s’est manifesté à Couëron, en particulier du fait (mais pas seulement) de la présence de bateaux allemands amarrés sur la Loire.
Léon Ignasiak victime d’une dénociation
Léon Ignasiak est arrivé en France après la guerre 1914-1918 avec sa famille et a demandé la nationalité française.
Ouvrier aux Forges de Basse-Indre, il s’est installé à Saint-Herblain au lieudit Les Bouillons. Sa vie a été marquée par le décès de deux de ses enfants ainsi que ce-lui de son épouse. Remarié, il a été arrêté et jugé le 20 octobre 1941 et exécuté le 22 octobre. Son nom figure sur la liste des 50 Otages fusillés à Nantes « Ignasiak Léon, de Saint-Herblain, communiste soupçonné de résistance ». Il aurait été victime d’une dénonciation proche de son entourage pour détention d’un fusil de chasse. Une rue porte son nom à Saint-Herblain.