Une immigration organisée et encadrée

L’organisation de l’immigration entre la France et la Pologne en 1919

L’immigration économique de l’Entre-deux-guerres représente un volet essentiel des relations franco-polonaises. De par son ampleur, elle a contribué de manière significative tant au relèvement de la France qu’à son

peuplement.

La signature de la convention franco-polonaise "relative à l'émigration et à l'immigration" le 3 septembre 1919 est une conséquence directe de la Première Guerre mondiale. La France a perdu une partie de sa main d’œuvre et ses forces vives avec 1,4 million de morts et 2,8 millions d’invalides.

Quant à la Pologne, celle-ci fait face à une forte démographie et un exode rural important que l’industrie n’est pas en mesure d’absorber.

Cette signature sera suivie par celle du projet de loi "Portant approbation de la convention relative à l’assistance et à la prévoyance sociales conclue entre la France et la Pologne".

1910 : Traité avec la Pologne (égalité dans les conditions de travail, les salaires,…)

1916 : Création d’un service de la main d’œuvre étrangère

1919 : Convention d’Immigration entre France et Pologne

1924 : Création de la Société Générale d’Immigration

1932 : Loi limitant l’arrivée des étrangers en France

L’immigration économique polonaise est jusqu’alors fort modeste avec environ 10 000 personnes à la veille de la Première Guerre mondiale. Elle se distingue de la « Grande émigration » politique du 19ème siècle.

Après 1919, la création de la Mission française pour le Recrutement de la Main d’œuvre en Pologne et, en 1924, de la Société Générale d’Immigration, favorise les arrivées de ces immigrants auxquels se joignent 130 000 Polonais de Westphalie débauchés dans le sillage de l’occupation de la rive gauche du Rhin et plus particulièrement de la Ruhr. C’est à l’occasion de cette migration que le quotidien socialiste Narodowiec quitte Herne en Westphalie pour installer son siège à Lens en 1924, idem pour le titre Wiarus Polski. On recense 700 000 Polonais en France à la fin des années 1920. On observe aussi une immigration polonaise juive en marge de cette immigration sur contrat.

Les régions d’installation sont le Nord et l’Est, en particulier le bassin minier du Nord-Pas de Calais et la Lorraine sans oublier les mines du Tarn du Gard, de Saône-et-Loire. Les Polonais sont très présents dans les mines de charbon et de fer ainsi que dans la sidérurgie mais aussi parmi le personnel de maison et chez les ouvriers et chez les ouvrières agricoles et cela, dans toutes les régions de France, ainsi que dans le commerce. (1)


(1) « Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France »