Les emplois des polonais
Le travail des polonais aux forges de Basse Indre, à Pongibaud et dans l’agriculture
Le travail dans les usines des bords de Loire
Les Polonais, affectés aux laminoirs à chaud des Forges.
Les Polonais étaient le plus souvent âgés de 25 à 30 ans, jeunes et vigoureux.
Ils étaient affectés à 90% comme manœuvres aux laminoirs à chaud.
Aux Forges de Basse-Indre, dans le monde du fer-blanc
Deux usines se sont implantées au 19ème siècle à l’ouest de Nantes en bordure de Loire : les Forges de Basse-Indre et, à quelques kilomètres en aval, la société des Fonderies et Laminoirs de Couëron. La proximité du fleuve est un atout essentiel, indispensable, pour l’acheminement des matières premières et l’expédition de la production.
La présence des industries, les besoins en main d’œuvre au lendemain de la Première Guerre mondiale, vont modifier la sociologie locale : arrivée de travailleurs étrangers (Polonais et Espagnols), essor démographique (essentiellement sur la commune de Couëron et de façon marquée), cohabitations culturelles, changements politiques à la tête des municipalités. Un tournant est pris, ce territoire s’offre un nouveau visage. Etablissement créé en 1822, les Forges de Basse-Indre, aujourd’hui dans le giron d’Arcelor Mittal après avoir connu plus d’une raison sociale, se sont spécialisées dans la ferblanterie, essentiellement liée à l’industrie de la conserve. Lorsque les Polonais y sont embauchés, ils la découvrent sous le nom de J.J. Carnaud & Forges de Basse-Indre. Ferblantier parisien ayant des attaches à Nantes et des intérêts dans l’usine, Jules-Joseph Carnaud, en 1902, a mis en quelque sorte la main sur ce fleuron de la sidérurgie française.
Le laminage, une tâche particulièrement pénible
Les ouvriers qui travaillent au laminoir sont chargés de réduire l’épaisseur du métal pour le transformer en minces tôles. La tâche du laminage à chaud est dure, ingrate, la chaleur, résultant de la température indispensable à l’opération est pénible lorsqu’il faut se saisir à l’aide de longues pinces les pièces métalliques vouées à la transformation.
Les feux continus des fours Martin obligent à une organisation du travail en trois huit. Le temps de travail y est autrement plus important que celui d’aujourd’hui. L’usine emploiera jusqu’à plus de 4000 personnes.
Les travailleurs étrangers, venus en appoint, ne représentent en fait qu’une petite partie (moins de 10%) des effectifs de l’usine, même si leur présence a laissé entendre qu’elle fut déterminante dans le développement de la production.
Pour autant, c’est un rapport particulier qui s’est créé : embauchés, les Polonais y sont majoritairement restés. Des générations, de père en fils, se sont succédé à la faveur de l’apprentissage, antichambre de l’embauche définitive. On travaille « à l’Usine », pas besoin d’en préciser le nom !
Pontgibaud un fleuron du plomb
L’usine métallurgique Pontgibaud, elle, a été construite en 1861 à Couëron, au bord de la Loire. Elle est spécialisée dans le traitement du minerai de plomb et le laminage du laiton et du cuivre. A ses débuts, elle appartient à la Société des Fonderies et Laminoirs de Couëron. Elle fusionne avec la Société des mines de Pontgibaud en 1879, dont elle prend le nom.
Quinze ans plus tard, le développement de l’usine lui vaut d’être la plus grande dans le domaine du plomb, avec sept cents employés. En 1930, elle a même la plus grosse production de plomb du pays. Un peu plus tard, elle fusionne avec Tréfimétaux au Havre, avant de fermer ses portes définitivement en 1988. Cette usine est très connue grâce à sa fameuse Tour à plomb d’une hauteur de 69 mètres, et qui en est le plus important vestige.
La fabrication du plomb de chasse, liée à la Tour, en est restée longtemps la marque de fabrique, même si elle ne constitua pas l’essentiel de son l’activité.
L’usine fait également appel à des ouvriers étrangers, mais un peu plus tard que l’usine de Basse-Indre, et dans une moindre mesure, des Polonais y ont trouvé un emploi.
L’agriculture aussi avait besoin de bras
Si les hommes étaient recrutés le plus souvent pour les mines et les industries sidérurgiques et métallurgiques, aux femmes étaient proposées des contrats dans l’agriculture ou les services à domicile. Dans les fermes les travailleuses étaient exposées à des conditions difficiles : isolement, bon vouloir du patron, avantages sociaux moindres. Ainsi, Genowefa Czuj (épouse Chabior), après avoir travaillé plusieurs années dans deux fermes en Normandie, a été employée de maison chez le sous-directeur des Forges de Basse-Indre, avant de se marier et de s’établir à la cité Navale.