L’arrivée des premiers Polonais à Couëron
Comment l’arrivée des premiers polonais à Couëron s’est inscrite dans un contexte d’une immigration organisée, encadrée, contrôlée.
L’intégration des Polonais est difficile du fait de leur méconnaissance de la langue et des traditions françaises, de leur attachement au catholicisme dans un pays où l’anticléricalisme s’exprime parfois avec vigueur et d’un mouvement ouvrier de tradition socialiste et/ou marxiste. La crise économique des années 30 s’accompagne de mesures officielles pour favoriser la main d’œuvre nationale comme la promulgation de la loi "protégeant la main d'œuvre nationale" le 10 août 1932. La chute de la production industrielle entraine le départ de 140000 personnes, dont 35000 pour la seule année 1935, alors que parallèlement 61000 personnes arrivent entre 1930 et 1936. Les Polonais sont victimes de ce climat de xénophobie au même titre que les Italiens et plus tard les réfugiés espagnols.
Les départs sont aussi le fait d’expulsions qui peuvent faire suite à des grèves, comme à Leforest en 1934 (77 mineurs et leurs familles sont expulsés vers la Po-logne suite à une grève dans la mine de l’Escarpelle, Pas-de-Calais).
De 1919 à 1920, les trains se forment à Varsovie, puis à Poznan de 1921 à 1922.
En 1923, Myslowice (près de Katowice en Silésie) devient le haut lieu de départ pour la France pendant une quinzaine d’années. La puissante Société Générale d’Immigration (SIG), organisme privé au service du patronat, gèrera les départs.
Des bureaux d’embauche gérés par des représentants d’employeurs français éliminent les personnes malades, les femmes enceintes, la préférence va à la force physique et aux mains calleuses.
C’est le 3 mai 1923 que sont arrivés les premiers Polonais à Couëron. Ils sont partis de Pozan et de Varsovie en train jusqu’à Toul ou de Gdynia en bateau jusqu’au Havre.
En 1931, la répartition des 252 000 Polonais détenant un travail en France se présente comme suit :
37% sont employés dans les mines (régions Nord-Pas-de-Calais, Lorraine et Centre en majorité), 18% dans l’agriculture (principalement dans l’Aisne, la Somme et l’Oise), 17% dans la métallurgie, et donc 28% dans des secteurs variés (bâtiment, textile, etc.). Les bassins miniers dans le Pas-de-Calais regroupent 1/3 des Polonais présents en France à cette époque. L’Ouest de la France draine également un bon nombre de ces travailleurs qui viennent participer au développement des industries de la région.
Source : Gazet Beskid (site Internet)