Emigrations, immigrations, migrations, un mouvement perpétuel
Emigration et immigration un mouvement perpétuel
C’est un mouvement perpétuel, éternel, qui déplace les hommes et leurs familles d’un point à un autre, d’un pays à un autre à l’échelle du globe, les fixant parfois sur un territoire ou les voyant repartir vers d’autres horizons. Grandes ou petites, les migrations ont emboîté le pas à la marche du monde. Aucune région de la Terre n’y a échappé.
Selon le côté de la frontière où l’on se trouve, on parlera d’émigration ou d’immigration. La Pologne, qui nous intéresse ici, est un bel exemple de terre d’exil, comme l’Irlande, ou encore le Portugal. Ces pays présentent des similitudes à un moment de leur histoire : pays essentiellement rural, peu ou pas industrialisé, fortement catholique. Le contexte politique (asservissement à une puissance étrangère, dictature ou régime militaire) est également une cause de départs.
Vouloir survivre revient à chercher à partir, ou en tout cas, à y consentir. L’émigration-immigration polonaise des années 1920 est essentiellement d’ordre économique.
Elle se poursuit encore aujourd’hui, de manière plus diffuse : au-delà de l’image du « plombier polonais », on pense à ces femmes et hommes qui viennent cueillir les fruits lorsque les vergers français manquent de bras, on pense à ces ouvriers qui répondent aux besoins de main d’œuvre chez les sous-traitants des Chantiers navals de Saint-Nazaire ou d’Airbus.
L’Europe a ouvert les frontières, élargissant les possibilités d’admission, et aujourd’hui, il n’est pas rare de voir des Polonais(e)s s’établir dans la région nantaise dans des trajectoires très personnelles.
Le phénomène a pu être d’ordre politique : la France a accueilli dans les années 1830 leaders d’opinion, intellectuels et artistes cherchant à fuir leur pays après l’échec d’une tentative de soulèvement contre l’occupant russe. Elle a accueilli, de la même façon dans les années 1980, des Polonais, militants politiques et syndicaux pour bon nombre, se sentant inquiétés par l’instauration de l’état de siège.
L’émigration ne se résume pas d’un seul trait. Les ouvrières et ouvriers venu(e)s de leur Pologne natale n’ont pas immédiatement élu domicile à un endroit donné. Un premier emploi, puis un deuxième, voire plus, offraient des parcours inattendus avant un point de chute définitif. Des Polonais sont repartis vers leur pays natal, par coercition (expulsés du Nord pour faits de grève) ou de leur décision (répondant après la Seconde Guerre mondiale aux sirènes du nouveau pouvoir polonais soucieux de repeupler le pays).
Des Polonais, ou leurs descendants, à leur tour, ont quitté la France pour d’autres pays, fascinés pour certains par le « rêve américain ». Chicago ne fut-elle pas pendant longtemps la ville « polonaise » démographiquement la plus importante au monde ?
Et c’est ainsi, à la lumière de ces données géopolitiques, que l’on retrouve aujourd’hui des Polonais et leurs descendants dans tous les pays des cinq continents.